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EN 10 POINTS, POURQUOI LE CORONAVIRUS N'EST PAS UNE CHANCE POUR LA NATURE.

Mis à jour : juin 8

On entend de-ci de-là que la crise actuelle que nous traversons pourrait être bénéfique pour la planète. Les canaux de Venise ont retrouvé une eau cristalline, les dauphins se rapprochent des côtes et sont observables dans des régions où, habituellement, l'activité humaine est trop envahissante pour eux, et les oiseaux semblent chanter plus fort qu'à l'habitude. Pourtant, à de nombreux égards, cette crise aura un impact sur notre environnement.

Voici une liste non-exhaustive de 10 points qui met en lumière les effets négatifs du coronavirus sur notre planète.


1. Le retour du jetable

Selon un article de France 3 Normandie, il faudra environ 450 ans à ce masque pour disparaître. En effet celui-ci est en “non tissés de propylène”. Ce matériaux à base de pétrole lui permet d’être efficace contre les différents virus et donc dans la lutte contre le coronavirus.

Cette pandémie semble cependant nous faire oublier nos notions d’écologie élémentaire et relance l’utilisation massive de produits à usage unique. Que ce soit les gants en latex, les lingettes désinfectantes ou les masques, ceux-ci ont été distribués à très large échelle en très peu de temps. Ce sont donc des millions de masques qui risquent de se retrouver potentiellement dans la nature, jetés au sol par des utilisateurs peu soucieux de l'environnement. Dans les régions proches des côtes maritimes, au prochain orage violent, tous ces produits à usage unique seront emportés par les pluies pour se retrouver dans la mer et venir encore augmenter la quantité de déchets déjà présents.

Alors si vous décidez d’utiliser ces produits, faites-le avec modération et jetez-les dans une poubelle ou alors utilisez des masques en tissus quand cela est vraiment nécessaire et lavez-vous régulièrement les mains avec du savon. Vous réduirez ainsi le risque de contracter le coronavirus et éviterez de polluer un peu plus notre planète. Pour plus d’info, voici le lien de l’article de France3 —> https://bit.ly/2TNSnzA


2. La mobilité individuelle plutôt que la mobilité collective

Avec l'apparition de ce virus, les transports en commun sont devenus un lieu de rencontre à risque poussant de nombreux usagers à se tourner vers des solutions de transports individuels plutôt que collectifs.

Ceci a notamment dopé l'utilisation de la petite reine dans les régions où celle-ci est facile à utiliser. De ce point de vue là, c'est une bonne nouvelle pour notre environnement et la qualité de notre atmosphère.

Malheureusement, si un certain nombre a choisi le vélo comme moyen de transport, une bonne partie d'entre nous a fait le choix d'un retour à l'automobile. La baisse du prix du carburant n'ayant pas aidé à réduire l'intérêt pour la voiture.

Fini le covoiturage, le bus ou le taxi. Trop risqué en pleine pandémie. On est bien plus en sécurité seul dans sa grosse voiture et tant pis pour les embouteillages.

Le problème étant que ci cette situation peut être une bonne idée en période de crise, pour freiner la progression du virus, il ne faut surtout pas qu'elle s'installe dans la durée. En effet, les transports en commun fonctionnent sur le principe de l'offre et de la demande et si la demande diminue sur le long terme, l'offre risque également de diminuer. D'un point de vue environnemental mais également social, ce retour en force de la mobilité individuelle n'est pas une bonne nouvelle. Pour contrer ce phénomène, il faudrait que les pouvoir publics développent des programmes forts de soutien aux transports en commun mais cela ne semble malheureusement pas être le cas des différents gouvernements qui nous entourent et notamment des grandes puissances, qui ont dans leurs tiroirs des plans de relance économique bien carbonés.

La mobilité douce risque bien de mettre un gros coup de frein! On reprendra la question des plans de relance plus tard dans cet article mais en attendant, vous pouvez en lire plus sur la question de la mobilité ici --> https://www.bilan.ch/economie/le-coronavirus-a-t-il-mis-un-coup-de-frein-a-la-mobilite


3. La pollution d'un redémarrage en force


Selon les données publiées par Greenpeace Chine en mai 2020, la pollution atmosphérique des villes industrielles chinoises était plus élevée en avril 2020 qu'à la même période l'an dernier. Le redémarrage des usines a provoqué une augmentation de la pollution d'autant plus rapide que les industriels tentent de rattraper le temps perdu.

Dans ce contexte morose pour l'industrie chinoise, certains industriels auraient même offert des pot-de-vins à des responsables locaux pour qu'ils ferment les yeux sur le dépassement des niveaux d'émissions autorisés et certaines usines particulièrement pollueuses auraient été prises en flagrant délit de fausses déclarations sur le niveau de leurs émissions polluantes.


La Nasa et l'Agence Spatiale Européenne (ESA) ont publié des images satellites montrant que les émissions de nitrogène dioxyde étaient en baisse de 30% sur le premier trimestre 2020 et qu'elles avaient dépassé les niveaux d'avril 2019 en avril 2020.

Cette constatation est d'autant plus triste, que cette crise du coronavirus et la baisse de l'activité humaine ont permis de faire baisser rapidement les niveaux de pollution atmosphérique, ceux-ci étant responsables, en Chine, d'une diminution de l'espérance de vie de 4 ans selon l'OMS.


4. Nidification et stress post-confinement


Qui n'a pas apprécié voir la nature reprendre ses droits, les oiseaux chanter du matin au soir et ces images de la faune sauvage reprenant à son compte les espaces libérés par l'Homme?

Le confinement ayant eu lieu au printemps, il est intervenu au moment où la nature était en pleine explosion. De nombreuses espèces d'oiseaux ont été nicher dans des endroits inhabituels car généralement soumis à une trop forte pression humaine. C'est le cas par exemple des arbres dans les cours de récréation des écoles.

Malheureusement, avec le déconfinement et le retour des humains dans la nature, ces volatiles qui pensaient avoir trouvé un endroit calme et confortable pour faire leur nid, ont été surpris de se retrouver au beau milieu de l'activité humaine. Cette situation arrivant au pire moment, les juvéniles étant tout juste sortis de leurs oeufs.


Ceci est particulièrement dommageable pour tous les animaux qui, déjà en danger, risquent bien de vivre une année 2020 compliquée en ce qui concerne la reproduction.

Alors si vous allez dans la nature, soyez très attentifs à ne pas trop perturber la faune sauvage.


5. Passons la planète au désinfectant.


Certains Etats ont jugé opportun de passer les rues au désinfectant pour tenter de venir à bout du coronavirus. La tentation peut être grande mais l'impact d'une telle méthode, tant sur le virus que sur la nature, sont catastrophiques. En effet, passer les rues à l'eau de javel n'a pas freiné la progression du virus et, si la javel tue effectivement le virus, elle tue également tout ce qui se trouve sur son passage. Sur le plan sanitaire, l'eau de javel est potentiellement toxique et corrosive et les autres produits désinfectants contiennent de grandes quantités d'alcools qui, s'ils sont inhalés, peuvent avoir des effets secondaires sur les populations en contact.

Sur le plan environnemental, si l'eau de javel est considérée par les autorités comme utile pour tuer les mauvaises bactéries, elle tue également les bonnes, sans distinction. De plus l'eau de javel libère du chlore qui, une fois en contact avec les sols, l'eau ou l'air, forme des composés organochlorés particulièrement toxiques pour la faune et la flore, cancérogènes et mutagènes.

Les produits toxiques ainsi pulvérisés sur les chaussés se retrouvent par ruissellement dans les cours d'eau puis dans la mer, contaminant la chaine alimentaire et au final, l'Homme.

Pour plus de lecture --> https://bit.ly/3eHOJiP


6. Au placard la question climatique (Ou quand une crise en éclipse une autre)


La journée du 15 mai 2020 devait être une grande journée nationale de mobilisation pour le climat en Suisse. Dans la lignée de l'année 2019, de grands rassemblements en faveur de l'écologie et de l'environnement devaient être organisés un peu partout. La crise du coronavirus et ses mesures de confinement sont passées par là, empêchant dès lors la possibilité de grandes manifestations et laissant la mobilisation pour le climat sur le carreau.

Pourtant, l'absence d'avions dans le ciel de ce printemps 2020 ne signifie pas que la question climatique est réglée pour de bon, bien au contraire.

Lorsque la crise du coronavirus a surgi, le gouvernement suisse s'apprêtait à débattre de la loi sur le CO2 qui prévoit notamment une augmentation du prix du carburant de 12 centimes par litre et une taxe sur les billets d'avion. La session parlementaire ayant été interrompue brusquement, cette loi a été rangée au placard.

Pire, les milieux d'extrême droite ayant annoncé leur volonté d'un référendum.

En un mois, l'état d'urgence a fait oublier l'urgence climatique, faisant douter les militants écologistes et encourageant les milieux économiques et la droite dure à s'attaquer à certains acquis environnementaux aux motifs d'une relance rapide de l'économie.

Difficile de dire ce qu'il adviendra de la question climatique ces prochains mois, ces prochaines années, mais une chose est sûre: le remède à la crise climatique ne sortira pas d'un laboratoire pharmaceutique et seul un changement systémique permettra de répondre durablement à la question du climat.


7. Elles arrivent quand mes commandes en ligne?


Le dernier sondage du SECO (secrétariat à l'économie) est formel, le climat de consommation en Suisse n'a jamais été aussi mauvais depuis le début des années 90. Les Suisses n'ont même jamais été aussi frileux concernant les achats importants. L'immobilier est en berne et le commerce de détail tire la langue, plombé par 2 mois de confinement.

Pourtant, un secteur ne connait pas la crise et de loin. Conséquence du confinement, les ventes par correspondance ont pris l'ascenseur. Durant le mois d'avril, la Poste Suisse a traité un volume de colis plus important que durant la période des fêtes de fin d'année 2019. Si le commerce en ligne se porte bien en Suisse, c'est également le cas au niveau mondial favorisant de fait les exportations à l'international de toutes sortes de produits plus ou moins inutiles vendus sur des plateformes bien connues de vente à petits prix. L'explosion de ce commerce de détail en ligne fait également exploser le bilan carbone des clients qui, bien installés dans leur canapé, ne s'en rendent pas forcément compte.

Pour vous donner un ordre d'idées, en 2018, Amazon a émis au total 8.87 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles de la Bolivie.

De ce point de vue-là, nous ne prêchons pas pour notre paroisse, notre business modèle étant principalement axé sur la vente en ligne.

Si vous avez envie d'en savoir plus sur la question, je vous propose la lecture de cet article: https://bit.ly/3guunex


8. Tout dans le carbone!!!


Selon plusieurs économistes de renom, dont Joseph Stiglitz, les plans de relance économique des pays du G20 ne contribuent pas à leur décarbonisation. En effet, il semblerait que les plans de soutien soient plutôt pour le statu quo. Dans leur étude, les chercheurs ont analysé 300 mesures mises en place par les différents gouvernement. Il en ressort que 4% d'entre elles vont aggraver la situation climatique alors que 4% d'entre elles vont l'améliorer. Pour le reste, cela ne va rien changer à la situation antérieure.

Mais c'est dans les détails que se cache le diable. La Chine relance la construction de centrales à charbon, le plan américain pour l’économie prévoit de soutenir massivement le secteur aérien et, le pétrole étant au plus bas, il faut soutenir massivement ce secteur pour éviter de trop grandes pertes financières.

Pourtant, c'est justement en période de crise qu'il est opportun de changer de paradigme et d'investir différemment pour faire de la société dans laquelle on vit, un modèle plus durable et ressortir gagnant et grandi de cette situation compliquée d'un point de vue sanitaire mais également social.

9. Le soutien massif du secteur aérien sans contreparties


S'il y a bien une industrie qui a été fortement touchée par la pandémie, c'est le secteur aérien. En plus de ne pouvoir voler, les avions cloués au sol représentent un coût monumental en terme de maintenance pour les compagnies aériennes. Le modèle d'affaire des compagnies aériennes ne peut fonctionner que lorsque les avions sont en vol et puisqu'en ce moment les compagnies n'opèrent que peu de vols, elles sont obligées de faire appel aux aides des Etats pour assurer leur survie.

Le problème? Dans la plus part des cas, cette aide n'est assortie d'aucune contre-partie environnementale, au grand dam des députés des partis écologistes.

En Suisse, le parlement a voté un crédit de près de 2 milliards pour sauver la compagnie nationale "Swiss" et la compagnie "Edelweiss" sans que celui-ci ne soit conditionné à des exigences environnementales. Au Etats-Unis, le plan de sauvetage s'élève à 25 milliards, là aussi sans préoccupation environnementale.

Il n'y a guère que la France qui a conditionné son aide financière à des objectifs climatiques. La compagnie "Air France" devra supprimer toutes ses lignes intérieures là où une alternative ferroviaire existe. C'est maigre mais c'est déjà mieux que dans d'autres pays.

Le seul espoir réside dans le fait que, d'après certains analystes, la distanciation sociale dans les avions pourrait faire grimper le prix du billet de 50%, réduisant de ce fait l'intérêt de ce mode de transport et par conséquent, son impact climatique.

Plus d'info ici --> https://bit.ly/3gDMCOu


10. Tout va bien, il y a des dauphins!


Qui n'a pas vu passer ici et là sur les réseaux sociaux, des images de dauphins proches des côtes, voire même dans des ports? Pourtant, derrière cette vision réjouissante, la réalité est plus sombre.


Même si les eaux des canaux de Venise sont redevenues cristallines, la quantité de déchets déversée chaque jour dans les différentes mers du monde n'a pas ralenti. Au contraire, comme évoqué plus haut, l'augmentation de solutions sanitaires à usage unique augmente encore un peu plus la masse de plastique qui se retrouve inexorablement dans les océans.

Pire encore, le confinement ayant été déclaré dans de nombreux endroits du monde, les activités criminelles autour de la pêche illégale ont été moins contrôlées qu'habituellement, augmentant encore un peu plus la pression sur les populations de poissons déjà en souffrance.

J'en profite pour vous rappeler que la demande mondiale en produits de la mer est en constante augmentation, que plus de 30% des stocks de poissons sauvages sont surexploités et que ce chiffre augmente jusqu'à 90% en mer Méditerranée.

Ceci signifie que les espèces concernées ont subi un prélèvement supérieur à leur capacité de reproduction.

Alors, si vous souhaitez manger du poisson, dans la mesure du possible, évitez le poisson sauvage, privilégiez les poissons des lacs suisses et les circuits courts de distribution (vente directe). Chaque fois que vous achetez des produits de la mer, assurez-vous que ceux-ci respectent le label MSC.

Vous en saurez plus en lisant cet article sur la pêche durable --> https://bit.ly/2TSc4Gb

Voilà pour ce constat pas forcément réjouissant, qui nous démontre bien que ce n'est pas parce que l'ensemble de l'humanité a passé 2 mois à la maison que la pression sur l'environnement est devenue moins forte, et que la question climatique est désormais réglée.


J'espère que cet article vous a plu, et si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous.

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